psychiatre, psychologue, psychtothérapeute : quelle différence ?


A ce jour, suite à la loi du printemps 2009 et de son décret d'application du printemps 2010, on est dans l'attente de la parution de la liste des psychothérapeutes agréés dans chaque Région. Après la parution de cette liste, le paysage du soin psychique sera encore plus compliqué qu'actuellement puisqu'il comptera des médecins, des psychologues, des psychanalystes, des psychothérapeutes agréés, et de thérapeutes hors cadre réglementé, probablement des psycho-praticiens et toutes les sortes de gestalt thérapeutes, hypnothérapeutes, somato thérapeutes, sophrologues, etc. Parmi eux se trouveront, comme avant la loi et son décret, des gens aux pratiques de grande qualité, aussi bien que des gens aux pratiques plus ou moins éthiques et plus ou moins aidantes, selon leur niveau de formation. Il s'y trouvera encore, malheureusement, des gens aux pratiques réellement dangereuses ou sectaires.
D'ailleurs les titres n'attestent en rien de la qualité de l'accompagnement. Ils attestent juste de la reconnaissance par des jurys le plus souvent cooptés, d'un niveau et d'une certaine qualité de la formation officielle des praticiens.

Car en France, comme dans de nombreux pays, la profession de psychothérapeute, comme celle de psychanalyste, est exercée par des personnes ayant des formations diverses.
Cela participe de sa richesse et de sa créativité mais aussi des risques inhérents à la diversité.
Si l'exercice du soin de l'âme existe dans toutes les cultures depuis l'antiquité, l'apparition du terme psychothérapeute remonte à seulement un peu plus d'un siècle.

Et si la reconnaissance de l'exercice de la psychothérapie concerne des pratiques différentes, des outils différents, des certifications différentes, il était d'usage jusqu'à maintenant en France de considérer comme psychothérapeutes :
certains médecins et en particulier certains psychiatres;
certains psychologues et en particulier les psychologues cliniciens et certains psychologues formés aux techniques comportementales et cognitives;
ainsi que certaines autres personnes s'étant formées au métier de psychothérapeute, sans être pour autant ni médecins psychiatres ni psychologues.
Ce titre est théoriquement attribué quand ces médecins, psychologues et autres répondent à un certain nombre de critères attestant de leur formation théorique, pratique et humaine. 

Ainsi, les psychiatres sont des médecins qui ont fait une spécialisation de 3 ans en psychiatrie. Leur titre atteste de leur formation à reconnaitre les maladies mentales et leurs traitements, essentiellement leurs traitements médicamenteux. Leurs actes peuvent être pris en charge, partiellement ou totalement, par la sécurité sociale et les mutuelles.

Les psychologues ont suivi une formation de niveau bac+5 à l'Université, essentiellement théorique. Depuis la reconnaissance du métier de psychologue il y a seulement un peu plus de 25 ans, les filières se sont diversifiées au point que les psychologues eux-mêmes ont parfois du mal à se repérer et à savoir ce que font certains de leurs collègues. De ce fait, les psychologues ne sont pas d'accord sur la constitution d'un ordre des psychologues ni sur les missions qui pourraient être les siennes. De même, le code de déontologie des psychologues n'est pas signé par l'ensemble des organismes représentatifs ni par l'ensemble des praticiens.
En effet, un psychologue clinicien qui écoute et accompagne n'a que peu de références communes et encore moins de pratiques communes avec un neuropsychologue qui fait des tests et propose des exercices de remédiation neuronales suite à des carrences cérébrales; ou avec un psychologue du travail, ou encore avec un psychologue interculturel, etc.
Les actes des psychologues peuvent être pris en charge par la sécurité sociale dans le cadre des hôpitaux et centres médico-psychologiques (CMP) qui en dépendent. Ils peuvent être pris en charge dans certaines conditions par certaines mutuelles. Ils peuvent également être pris en charge par les entreprises ou par des programmes subventionnés par les pouvoirs publics, entre autres.

Les psychothérapeutes, malgré les efforts de leurs organismes représentatifs, n'avaient pas jusqu'à la loi de 2009 de reconnaissance ni de statut en France.
Pour autant, leurs actes peuvent être pris en charge par certaines mutuelles, ou certains programmes subventionnés.
Quiconque pouvait mettre sa plaque de psychothérapeute et recevoir du public. Les charaltants et les personnes insuffisemment formées n'étaient pas rares et leurs pratiques pouvaient être dangereuses pour leurs patients comme pour eux-mêmes, parfois de manière tout à fait involontaire. Il en allaient de même pour certains docteurs en médecine ou psychologues diplômés non spécifiquement formés à exercer en tant que psychothérapeute. En effet, ces diplômes universitaires n'exigaient pas de formation à l'écoute, à la bienveillance, à l'apprivoisement de ses propres angoisses, de ses propres fonctionnements, ni des techniques psychothérapiques. La loi ne change rien sur ce dernier point. Le décret ne recommande toujours pas cette formation personnelle et intime, ni par l'exigence d'une psychothérapie personnelle approfondie ni par celle d'une supervision régulière, pour faire usage du titre de psychothérapeute. Pour autant, le grand pas que constitue cette loi relative à l'usage du titre de psychothérapeute par rapport au désert réglementaire précédent, réside dans le fait que seules les personnes sérieusement formées à la psychopathologie, en théorie et en pratique, c'est-à-dire formées aux maladies mentales, ont désormais le droit de s'appeler psychothérapeutes. Autrement dit, la loi est pensée pour définir les personnes considérées aptes à établir un minimum de diagnostic, pronostic et plan de traitement des désordres psychiques. 
Depuis 2004, en réponse à la pression des psychothérapeutes, qu'ils soient médecins, psychologues, psychanalystes ou rien de tout cela ; compte tenu de l'ampleur de la demande en psychothérapie et de l'ampleur de l'offre de psychothérapies de toutes sortes ; face à la nécessité d'encadrer la profession en lien avec la prolifération des peurs de dérives sectaires ou de thérapeutes autoproclamés, le législateur tente d'encadrer la profession de psychothérapeute. Mais, la complexité des statuts, formations, lobbies, et frilosités propres à chaque type de psychothérapeute, ne lui rend pas la tache facile. 
exemple : les craintes chez les psychanalystes 
ou analyse par une chercheuse du CNRS et craintes des psychologues
L'article de loi prévu pour encadrer les psychothérapeutes, passé un peu à la sauvette dans l'été 2004 n'a pas été suivi de décret d'application, faute d'avoir pu rassembler dans un texte la diveristé de la profession. Cette loi a d'ailleurs été jugée irrecevable par le Conseil Constitutionnel, car elle prévoyait à la fois des critères d'accès à la profession de psychothérapeute et à la fois des titulaires de droit, les médecins et les psychologues, ce qui est contradictoire. site
Le nouvel article de loi voulant encadrer les psychothérapeutes, passé lui aussi un peu à la sauvette en 2009, n'a donné lieu à un décret d'application qu'un juin 2010. A ce jour des commissions départementales travaillent dans les Agences R2gionales de Santé place pour  agréer à la fois les psychothérapeutes en exercice et les organismes de formation. En ce qui concerne la Région Rhone Alpes, la commission est au travail depuis le début de l'année, les dépots de dossiers sont clos depuis l'été. Il semble que cette commission considère que les psychologue sont de fait aptes à exercer le métier de psychothérapeute et que par conte les psychothérapeutes reconnus par leurs fédérations et syndicats, par les profesions de santé de proximité, même depuis des années, ne soient pas aptes à exercer leur profession avec le titre de psychothérapeute puisque les autorisation d'usage du titre de psychothérapeute sont extrêmment rares. La liste des psychothérapeutes agréés par l'Etat n'est pas encore disponible. Et les psychothérapeutes proposés dans les pages jaunes, même s'ils ont été largement triés par ce support, ne sont pas touts autorisés à faire usage du titre de psychothérapeute. 

Il reste donc au public à se renseigner par lui-même, comme par le passé, auprès des praticiens mais aussi auprès des professionnels de santé de proximité, des compétences, qualités et autorisations des psychothérapeutes de leur secteur. 
Le site proposé ici est une illustration explicite de la réalité actuelle du métier de psychothérapeute en France site

Pour ma part je reste attachée aux criètes retenus par l'Association europpéenne de Psychothéapie et repris par la Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse, des années avant la loi de 2009.
Ils font référence dans la profession.
En résumé, est psychothérapeute celui ou celle qui se reconnait et est reconnu tel par des pairs représentatifs de la profession, s'il ou elle peut faire état des pré-requis suivants :

  • avoir suivi une psychothérpaie personnelle sur plusieurs années
  • avoir un niveau d'études générales supérieur à bac+3 en sciences humaines
  • avoir suivi un cursus de formation spécialisé dans un courant thérapeutique de 4 années minimum
  • avoir suivi un apprentissage pratique de 2 années minimum
  • être supervisé régulièrement
  • être engagé au plan déontologique
  • après évaluation et autorisaton par un jury spécialisé, avoir pratiqué sous contôle pendant 2 à 3 ans.
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Ainsi, certains psychiatres, certains psychologues, et d'autres personnes sont psychothérapeutes. Tout comme des psychiatres, des psychologues et d'autres personnes sont psychanalystes.